Courir dans la rue en criant de joie, annoncer son départ par un rébus, ou claquer la porte en direct lors d’une visioconférence : sur TikTok, la démission devient un contenu viral. Décryptage du “Quittoking”, cette tendance venue de la Gen Z qui bouscule les codes du monde du travail et interroge sur notre rapport au travail.
Le paysage professionnel est en pleine mutation, et les réseaux sociaux en sont le miroir amplificateur. Après le “quiet quitting” (la démission silencieuse), une nouvelle tendance, plus bruyante et spectaculaire, envahit TikTok : le Quittoking.
Contraction de “quitting” (démissionner) et “TikTok”, ce phénomène voit des salariés, majoritairement issus de la Génération Z (nées entre 1997 et 2012), filmer et publier le moment où ils quittent leur emploi. Loin d’être un simple effet de mode, ce mouvement révèle un profond changement des mentalités et des attentes des jeunes actifs.
Le Quittoking désigne la pratique qui consiste à annoncer sa démission à son employeur par téléphone ou en visioconférence tout en filmant la scène, pour ensuite la poster sur TikTok. Le hashtag #quittoking cumule aujourd’hui plus de 100 millions de vues sur la plateforme, témoignant de l’ampleur du phénomène.
Les vidéos prennent des formes variées, allant de la scène joyeuse et libératrice à la confrontation plus tendue. On y voit par exemple des jeunes gens sauter de leur lit en criant “It’s resignation day !”, danser pour célébrer leur départ d’un “travail toxique”, ou encore confronter calmement mais fermement un manager sur des conditions de travail jugées inacceptables. L’objectif est double : afficher une victoire personnelle et briser un tabou en rendant la démission publique.
Si le terme a gagné en popularité récemment, les prémices du Quittoking remontent à 2021 au Royaume-Uni. Un événement marquant est considéré comme l’étincelle originelle : des employés d’un restaurant McDonald’s avaient alors filmé leur démission collective et posté la vidéo sur TikTok, laquelle a rapidement explosé les compteurs avec plus de 16 millions de vues. Ce succès viral a ouvert la voie, montrant la puissance de ce mode d’expression et inspirant des milliers d’autres salariés à travers le monde.
Ce phénomène s’inscrit dans une séquence plus large de mouvements redéfinissant la relation à l’emploi, succédant au #quietquitting (se contenter du strict minimum) et au #loudquitting (revendication bruyante de ses droits).
Au-delà du buzz, le Quittoking est le symptôme d’un rapport au travail fondamentalement différent de celui des générations précédentes.
Le Quittoking est bien plus qu’un simple buzz sur les réseaux sociaux. Il agit comme un révélateur des tensions et des aspirations d’une nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail. Il force les entreprises à se remettre en question et à s’adapter.
Pour rester attractives auprès des jeunes talents, les organisations ont tout intérêt à favoriser un environnement de travail sain, à offrir de la reconnaissance, à garantir un véritable équilibre entre vie professionnelle et personnelle et à proposer des perspectives d’évolution claires. Comme le résume Joe Brailsford, PDG de Seed, “Les Gen Zers quittent leurs emplois corporate non pas parce qu’ils sont paresseux ou qui ont un sentiment de droit acquis. C’est à cause des cultures de travail toxiques et de la valeur qu’ils accordent à un équilibre sain entre travail et vie personnelle”.
Que l’on approuve ou non la méthode, le message, lui, est on ne peut plus clair : le monde du travail doit évoluer.
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